Raymond Oesknar

"Auvairniton Bourgrire" Mes récits sur la seconde guerre mondiale

Ma première escapade avec Mathilde

Récit écrit le : par : Raymond Oesknar , tiré du livre : "Auvairniton Bourgrire" mes récits de 39-45 .

Le jour commence à peine à ce lever que je suis déjà prêt pour rendre visite à Mathilde à l'hôpital, nous devons profiter de cette journée de calme pour manger sur le bord de la rivière qui est là plus à l'ouest où les bombardements se font très rares.

Quelle grande joie pour moi de passer une journée entière avec Mathilde loin de cette violence, nous pourrons parler du futur comme par exemple de notre mariage et de notre prochaine maison, j'aimerais tellement restaurer la vieille grange de mamie pour y voir ma famille grandir.

Je me marche sur le chemin et je vois que Mathilde est déjà là, cela fait bizarre, elle est encore plus jolie sans ça tenue d'infirmière, cette robe couleur ivoire fait ressortir ses jolis yeux, elle me voit et elle sourit, je crois que je suis fou amoureux d'elle...
Elle commence par me faire un baiser sur la joue et me chuchote à l'oreille "Je garde le meilleur pour la fin", je deviens rouge comme une tomate et crois-moi bien journal, je fais moins le fier que pendant une opération d'Auvairniton Bourgrire!

Nous nous prenons la main et nous allons paisiblement vers la petite rivière, on se croirait presque deux ans en arrière, aucun bruit dans le ciel, aucune machine destructrice à l'horizon, je ne compte bien profiter de cette journée de repos au maximum.

À peine arrivée sur place, Mathilde prépare une serviette au sol et ouvre son panier avec un vrai repas qui change de la soupe de poids et des topinambours, elle me présente un pain très appétissant, du pâté de cochon et deux cuisses de poulet.

auvairniton bourgrire

J'aimerais me jeter sur toute cette bonne nourriture, mon estomac appelle à l'aide ce copieux repas tandis que mes yeux dévorent Mathilde de la tête aux pieds, Mathilde est mon premier grand amour et je ne sais même pas comment m'y prendre pour me rapprocher d'elle, je n'arrive même pas à aligner trois mots à la suite, je bégaye et je perds tous mes moyens...

Mathilde finit par me préparer elle-même mon assiette, elle voit bien que je ne suis pas le soldat le plus à l'aise avec une femme de tout le régiment, et Mathilde est très généreuse car elle m'a offert la moitié de sa part, il faut dire que depuis mon arrivée dans les tranchées, j'ai perdu plus de dix kilos.

Ma maman me verrait manger, elle serait vraiment très fière, j'ai fait honneur aux produits du "terroirs" comme elle dit si bien, gentiment je demande à Mathilde ce qu'elle souhaite faire pour passer l'après-midi, elle se contente de me regarder dans yeux et de me pousser dos au sol avec sa main pour me faire comprendre qu'il fallait que je m'allonge, ensuite, elle a posé sa tête sur mon torse et posé sa main sur mon ventre.

J'ai bien l'impression que la journée va se passer de cette façon toute simple, Mathilde et moi, bloqué l'un contre l'autre, au calme et loin de cette guerre horrible, nous nous contentons de se caresser mutuellement avant que Mathilde m'embrasse sur la bouche et me dis "comme promis je garde le meilleur pour la fin..." Cher journal, je crois que la suite ne regarde pas...

Par Raymond Oesknar