Raymond Oesknar

"Auvairniton Bourgrire" Mes récits sur la seconde guerre mondiale

L'hiver le plus froid de ma vie

Récit écrit le : par : Raymond Oesknar , tiré du livre : "Auvairniton Bourgrire" mes récits de 39-45 .

Nous sommes juste après Noël, ici personne n'a fait allusion à cette fête traditionnelle, à part quelques camarades qui sont resté dans leurs coins avec une pensée pour la famille, personne ici n'a envie de fêter quoi que ce soit.

auvairniton bourgrire

Surtout depuis que le vrai visage de l'hiver est là, ici non loin de l'Auvergne, nous enregistrons des températures records jusqu'à -20 degrés, autant  dire qu'il est très difficile de dormir et je ne parle pas de certains soldats qui ont tout simplement eu les doigts de pieds gelés!

Comme si les Allemands n'étaient pas assez nombreux et puissants pour nous envahir, ici pour se rassurer, on se dit que l'ennemi est dans le même cas que nous, souvent on se pose la question si les soldats Allemands sont mieux installés, s'ils mangent plus à leurs faims que dans notre cantine de tranchée .

Ils sont tellement nombreux et insaisissables, comment trouver leurs points faibles ? Demain, nous avons comme mission de faire sauter un pont, le pont est actuellement complètement bloqué dans la glace, d'après notre chef nous pourrons placer les dynamites à des endroits stratégiques avec l'aide de l'épaisse couche de glace.

Nous utiliserons donc bien moins de dynamite que prévu et ce n'est pas une chose à prendre à la légère car nos ravitaillements se font de plus en plus rares. La bonne nouvelle c'est que ce pont n'est absolument pas gardé car nous détruisons des accès à titre préventif d'avancement de l'ennemi.

On est bien loin des missions dangereuses des auvairnitons-bourgrires et c'est-t-en mieux, il suffit de placer les dynamites et de les brancher sur le détonateur pour que le pont cède, nous sommes autorisé à utiliser notre stock de grenade si le pont est encore praticable.

Cher journal, je ne manquerais pas l'occasion de t'écrire notre journée à moins qu'un accident m'empêche de t'écrire des nouvelles lignes...

À demain, si Dieu le veut...

Par Raymond Oesknar